USA : La démocratie en vainqueur

 

Par Ahmed Charaï

 

Le suspens américain est fini. Le ticket Biden-Harris est le gagnant. Cette campagne harassante, malgré le coronavirus, clivante, a abouti à un résultat étonnant. Le taux de participation est très élevé, les deux candidats ont recueilli un nombre record de voix pour leurs camps.

C’est un fait notable, parce qu’il exprime que c’est une démocratie qui ne vacille pas.

Les institutions américaines sont solides et l’ont démontré, ceux qui pariaient sur les divisions, annonçaient l’apocalypse, en ont eu pour leurs frais.

Au milieu de tant d’acrimonie, d’angoisse et de peur pour l’avenir, certains Américains ont perdu de vue ce que nous autres citoyens du monde voyons clairement:  un pays étonnant et résilient qui reste le pivot du monde, le grand inspirateur des jeunes esprits et le grand espoir des idéaux nobles.

Que va faire Joe Biden ? La campagne a été plutôt un vote pour ou contre Trump. La gestion de la pandémie a sûrement coûté très cher au président sortant. Mais son bilan économique est bon. En diminuant les impôts il a permis à l’Amérique de revitaliser son économie.

Joe Biden n’a pas développé réellement un programme économique. Est-ce qu’il va garder le cap protectionniste ? En vérité on n’en sait rien. Revenir sur des décisions qui ont relancé la machine parait très difficile, surtout en ces temps d’incertitude.

Par contre, on est sûr que les USA vont revenir au multilatéralisme. Le Président élu a annoncé qu’il reviendra à l’accord de Paris sur le climat. Ce n’est pas une mince affaire parce que cela touchera des secteurs productifs. Il veut aussi apaiser les relations internationales avec la Chine, la Russie, l’Iran. C’est une diplomatie plus classique qui se mettra en place.

Cette élection est historique. Elle a mis pour la première fois une femme à la Vice-Présidence. Kamala Harris est une métisse, produit du rêve américain. Elle est le symbole que dans ce pays tout est possible.

La démocratie américaine sort renforcée de cette séquence. Comme d’habitude, les Américains ont tenu à renforcer les contre-pouvoirs, puisque le sénat reste rouge. C’est  un équilibre des pouvoirs qui permet à toutes les institutions de jouer leur rôle, sans bloquer la marche du pays.

Cela s’appelle une grande démocratie.

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