Mariages en Israël : Le piège du « Guett »

 

 Un couple a dû surmonter une bataille juridique des plus ardues, chacun de son côté, pour sortir du piège d’un mariage difficile et retrouver la liberté.

 

Par JERUSALEM POST STAFF

 

Leah et Uriel sont tous les deux des divorcés qui «se considèrent comme des victimes de «relations compliquées». Après avoir galéré respectivement 5 et 3 ans avant d’obtenir de leur conjoint le « Guett » ou l’acte de divorce selon la loi juive (la Halacha), ils se sont finalement mariés la semaine dernière.

«Il s’agissait vraiment d’un cas de coup de foudre. Car quelqu’un qui vient de sortir d’un traumatisme du refus de divorce et qui maintient malgré tout une vision positive de la vie est certainement une personne très forte avec laquelle on voudrait passer le reste de sa vie », a déclaré Leah.

Le couple a dû surmonter une bataille juridique des plus ardues, chacun de son côté, pour sortir du piège d’un mariage difficile et retrouver la liberté.

En effet, la loi juive prévoit que pour être divorcé selon la Halakha, le mari doit remettre à la femme un document légal au moyen duquel il la divorce selon la loi juive pour qu’elle puisse épouser un autre homme. Mais cette procédure doit être appliquée de son propre chef. Le problème, c’est quand les hommes sont abusifs et avides de pouvoir, et refusent d’accorder le document de divorce – le Guett. Les femmes pourraient alors devenir des « aguna» (enchaînées au lien du mariage). De ce fait, la loi juive propose un certain nombre de moyens pour convaincre le mari d’accorder le Guett de son propre gré.

Il existe également nombre d’organisations juridiques qui mènent des combats au nom de ces femmes. Les deux importantes sont : le Centre d’assistance juridique Yad La’isha Monica Dennis Goldberg d’Ohr Torah Stone en Israël, et l’Organisation pour la Résolution d’Agunot (ORA), une organisation à but non lucratif basée aux États-Unis.

Leah était représentée juridiquement par Yad La’isha, qui, grâce à ses prouesses juridiques, libère chaque année environ 60 femmes des «Refuzniks» de divorce. L’organisation, forte de ses branches à travers tout le pays, vient en aide à environ 800 femmes par an.

Yad La’isha a mené ses batailles juridiques pendant cinq ans jusqu’à ce que Leah ait la possibilité de se remarier. «Nous avons accompagné Leah à travers des moments très difficiles jusqu’à ce qu’elle ait pu retrouver sa liberté», a souligné Pnina Omer, la directrice de Yad La’isha. Et d’ajouter : «il y avait un sentiment fort d’avoir bouclé la boucle alors que nous aidions Leah et Uriel tout au long de la phase de préparation à leur nouvelle vie

Uriel et Leah se sont rencontrés dans un groupe de parents divorcés sur Facebook. Et de suite, il y a eu une sorte d’alchimie qui a abouti à un projet de mariage rapide. Ce qui a soulevé des inquiétudes auprès de leurs familles respectives, compte tenu de leur passé. «Mais nous avons tous apprécié le fait que cette fois-ci c’était différent», affirme Leah.

Par ailleurs, afin d’éviter la situation d’impuissance dans laquelle risquent de se retrouver les femmes, ces organisations juridiques ont incité les couples à signer l’accord prénuptial halakhique avant le mariage.

«La signature de cet accord par le couple est le reflet du véritable amour et de la responsabilité de l’un envers l’autre. Ce sont des valeurs qui doivent être respectées dans chaque mariage juif», soutient Omer. «Il ne fait aucun doute que lorsque nous voyons une joie comme celle partagée par Leah et Uriel, nous sommes davantage motivés et encouragés à poursuive notre combat au nom de tous les autres qui subissent les douleurs du refus du Guett». Ces cas prouvent qu’il peut y avoir des happy endings même pour les cas les plus compliqués.

«Nul doute que nous sommes tous les deux préoccupés par notre avenir en raison de notre passé. Mais nous ne laisserons pas cette peur guider nos vies. Avec Leah, je me sens comme une nouvelle personne. Et c’est vraiment la première fois dans ma vie que je veux vraiment aimer inconditionnellement quelqu’un d’autre», conclut Uriel.

 

 

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