Auschwitz. La Shoah et nous

15 janvier 2020. Le Roi Mohamed VI visite la Maison de la mémoire, musée dédié à la coexistence des juifs et des musulmans, à Essaouira

Le monde, à travers l’ONU, commémore le 76ème anniversaire de la libération du camp d’extermination d’Auschwitz. Le lieu le plus  emblématique de la Shoah, l’épisode le plus terrible de l’histoire humaine. Le Maroc fait partie de cette histoire… Du bon côté.

Hakim Arif

La commémoration de l’holocauste s’accompagne généralement de rappels historiques. Si cet anniversaire se réfère à ce que l’humanité peut avoir de plus horrible, il rassure néanmoins sur l’indestructible propension des humains à se révolter contre toutes les formes de racisme et d’antisémitisme.

Le Maroc a une grande part dans cette histoire dont les traces sont encore vivaces et ne s’effaceront jamais.

L’Holocauste rappelle l’attitude du Maroc dont le Roi Mohamed V avait fait face à l’administration française de l’époque d’appliquer aux Juifs marocains les lois de Vichy. Par ce geste, feu Mohammed V avait démontré qu’au Maroc, il n’y a pas d’un côté les Juifs et de l’autre les Musulmans, mais qu’il n’y avait que des Marocains. C’est une histoire à laquelle le Maroc a pris part et continue à le faire avec le Roi actuel Mohammed VI.

Lors de la conférence de lancement du projet Aladin le 27 mars 2009, Mohammed VI avait adressé un message aux participants: « Ma lecture de l’holocauste et celle de Mon Peuple ne sont pas celle de l’amnésie », disait-il. « Notre lecture est celle d’une blessure mémorielle que nous savons inscrite dans l’un des chapitres les plus douloureux, dans le Panthéon du Patrimoine universel », précisait le Souverain.

Le projet Aladin a été lancé, au siège de l’UNSECO, à Paris, pour promouvoir un dialogue interculturel fondé sur la vérité historique, la connaissance et le respect mutuel. Le Maroc y est à sa place. C’est le seul pays arabe et musulman qui reconnait, dans la constitution de 2011, que l’apport hébraïque est un des affluents qui enrichissent l’identité nationale.

Mémoire partagée

La résistance à la Shoah n’était donc pas un acte exceptionnel, mais une attitude normale avec un volet pédagogique important. Plus tard, à l’occasion de  l’anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz, des personnalité marocaines se sont rendues sur le lieu du drame dont le Conseiller du Roi Mohammed VI, André Azoulay.

Lors de la conférence internationale sur l’enseignement des leçons historiques de l’Holocauste  organisée, les 11 et 12 décembre 2018 par le projet Aladin à Marrakech, André Azoulay a rappelé  que la mission première de ce projet est de sensibiliser le monde musulman à l’Holocauste, certes, mais aussi de « réveiller la conscience » du monde juif pour rappeler que, lorsque l’Europe chrétienne était tombée sous la domination nazie, le Maroc de Mohammed V avait offert refuge aux Juifs. 

Autre fait important à signaler, le 14 novembre 2016 le Mémorial de la Shoah et les Archives nationales du Maroc ont signé une convention de coopération portant sur les ressources disponibles au sein des deux institutions. Bénéficiant du soutien du ministère marocain de la Culture et de la représentation diplomatique française, c’est accord est le premier du Mémorial de la Shoah dans le monde musulman.

laissez un commentaire