Algérie. Le tourisme souffre dans l’indifférence

Le Fort Santa Cruz près d’Oran. Construit par les Espagnols entre 1577 et 1600.

Déjà faible, le secteur touristique algérien vit une véritable catastrophe économique, financière et sociale, à cause de la pandémie.

Selon Saïd Boukhelifa, expert international dans le domaine du tourisme, « plus de 1.000 agences ont fermé, un autre millier suivra à la fin du printemps, car au total, cela fera quatre saisons ratées, printemps, été, hiver 2020 et printemps 2021 ».

En plus, dit-il, dans un entretien du 4 janvier au site Al Watan, « il faudrait rajouter la fermeture des aéroports et la suspension des lignes aériennes au départ de l’Algérie, sachant que 70% du chiffre d’affaires des agences est réalisé par le transport aérien ».

L’expert précise que «le taux annuel d’occupation des chambres en 2020 a varié entre 5 et 10% alors que le seuil plancher admis est de 40% afin d’équilibrer les charges ».

L’impact sur les finances des opérateurs est immense, Saïd Boukhelifa estime les pertes et manques à gagner pour le secteur à plus de 5 milliards de dinars». Pareil pour l’emploi, où 50.000 personnes seraient au chômage à cause des mesures anti-Covid.

C’est le désarroi des agences de voyage qui se sentent « méprisées » et «maltraitées» par l’administration « aveugle et sourde face aux besoins des entreprises qui aspirent à faire du tourisme dans un pays qui n’aime pas le tourisme ».

Toutefois, la crise pandémique n’est pas la seule à incriminer. Le tourisme souffrait déjà de multiples défaillances. L’expert l’avait déjà expliqué en 2018: « Le site du ministère du Tourisme est frappé par une indigence, celui de l’Office national algérien de tourisme (Onat), la même chose. Nos sites, nos portails, sont très loin par rapport à la concurrence dans le bassin méditerranéen. Le site de la Tunisie est en quatre langues. Visit Morocco est décliné en onze langues ».

Pourtant, le pays regorge de potentialités touristiques, naturelles ou historiques, en plus de ses 1.600 kilomètres de plages magnifiques sur la Méditerranée et ses montagnes propices à toutes les évasions. 

Voilà donc un exemple du monumental manque à gager lié à l’absence d’une union maghrébine économique et sociale.

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