Ilham Laraki révèle son Incandescence au Louvre

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L’Observateur du Maroc : Ce n’est pas la première fois que vous exposez à l’étranger (Paris, Istanbul, Barcelone, Luxembourg, Miami). Cette année, vous avez été sélectionnée pour exposer au Louvre à Paris. Que représente cela pour vous ?

ILHAM LARAKI : Je suis ravie d’être présente à cette rencontre artistique, d’autant plus que j’y participe en tant que chevalière académicienne nommée par Mondial Art Académie.

Qu’est ce qui a inspiré cette exposition ?

L’émotion est l’étincelle source de mon inspiration, elle peut naitre par une friction interne des sentiments, comme le feraient des mouvements brusques du foyer d’un épicentre de la terre, ou par une odeur d’une terre arrosée par une première pluie d’hiver, par l’univers et son sublime fonctionnement, le tempo des jours et nuits, le nombre d’or d’une tournesol, par ces moments où je sens le temps en suspension car, submergée par une profonde admiration et gratitude de l’infini des créations divines qui nous entourent, à commencer par nous même, de l’infiniment petit à l’extraordinairement grand, cet ensemble là m’inspire, me laisse sans voix, je l’exprime alors à travers la peinture.

Pourquoi cette thématique ? Que recherchez-vous à exprimer ?

Ce n’est pas un thème d’une série justement, ce sont des critiques d’art qui ont soulevé cette thématique à travers leurs lectures des oeuvres. Je citerai l’écrivaine et critique d’art Bouthaina Azami qui l’a baptisé « Incandescence », la poète I. Trémaud qui l’a titré « Quand l’art incendie le support ». J’ai adopté ces appellations, en suivant mon instinct dans cette abstraction sans partir d’un thème initial. À travers ces oeuvres, j’espère transmettre une énergie positive dans son exaltation à celui qui la regarde et l’approche.

Vous passez du figuratif et du semifiguratif à l’abstrait ? Pourquoi avoir choisi ce style?

La période figurative est une prolongation du cursus académique de dessin, où prônaient les exercices de reproductions de toiles de maîtres mais aussi des réalisations de compositions personnelles. Par la suite, il y a eu une période « semi figurative », c’est à dire que sur une même toile, je partais d’un élément figuratif, un détail, pour m’évader dans une sorte de flou, mêlant le réel et l’irréel. Depuis 2013, j’ai glissé naturellement vers un abstrait, comme pour répondre à un appel irrésistible, oui j’avoue que je m’y sens plus libre, plus épanouie.

Et le figuratif dans tout cela ?

Le figuratif est un peu, à mon avis, comme la danse classique par rapport aux autres disciplines de danse, une base, un outil nécessaire pour se donner complétement à l’abstrait, sans bloquer pour chercher comment rendre un volume, une perspective ou autres.

Le feu dans vos toiles, qu’illumine t-il ?

Ce feu, s’il a lieu d’être, est un « feu » nourrissant, propice, de passion en fusion, source de vie, reflet de lumière spirituelle, feu qui consume le matériel pour ne laisser place qu’à l’essentiel, l’immatériel. Cela se joue à une voyelle près dans la langue arabe : Nour (lumière) et Nar (feu).

Vous êtes licenciée en gestion, pourtant, vous décidez de tout plaquer pour la peinture. Pourquoi ? Est-ce une histoire de passion ? Si oui, comment est née cette passion ?

Je ne saurai dire quand ça a débuté, elle a été présente, en sourdine, comme à attendre le moment venu pour s’imposer, après ma licence j’ai décidé de m’y consacrer et suivre cette destinée, prendre le temps qu’il faut pour m’y orienter, avec toute la patience et la passion qu’elle exige.

Que représente finalement la peinture pour vous ?

Ma confidente, mes mots, mon écho, une fusion, une réelle passion.

Que pensez-vous de l’art pictural au Maroc ?

L’histoire des arts plastiques de notre pays est ancestrale, avec un riche patrimoine culturel et une abondante tradition transmise de génération en génération, un héritage qui se répercute d’une manière classique ou moderne sur les créations artistiques marocaines qui ont toute leur place et identité dans le monde de l’art internationale ❚

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