USA: Le partenariat transpacifique peine à émerger

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Le représentant américain au commerce tente de rassurer les partenaires européens et asiatiques quant à la capacité de la Maison Blanche de résoudre les différends qui surgissent au sein du Congrès. Michael Froman tient, en effet, à poursuivre à un rythme soutenu les deux accords commerciaux régionaux les plus ambitieux au monde. Il a déclaré au Financial Times que l’administration était convaincue qu’elle pourrait obtenir le soutien du Congrès pour les accords commerciaux, malgré la déclaration de Harry Reid, le leader de la majorité démocrate au Sénat indiquant qu’il s’opposerait à toute procédure législative accélérée relative à ces accords.
Son opposition a été largement perçue comme un coup fatal aux plans du président Barack Obama visant à conclure des accords avec l’UE et les 11 pays du littoral du Pacifique. Et M. Reid peut exercer un contrôle sur le développement de la législation au niveau de la Chambre haute du Congrès.
Les hauts fonctionnaires européens et autres ont indiqué qu’ils sont peu enclins à faire les concessions nécessaires pour parvenir à un deal sauf si l’administration assure le soutien de la législation dite « Trade Promotion Authority ». Ce projet de loi empêchera le Congrès de modifier les pactes et assurera l’examen de tout accord en temps opportun.
Mais M. Froman a déclaré qu’il était convaincu que le soutien du Congrès pourrait être garanti. Il a également précisé que les négociations sont pour le moment sur la « bonne voie ». « Passer un projet de loi sur un accord commercial ou sur un accord de libre échange par le Congrès n’est pas une partie de plaisir », lance-t-il. Et d’ajouter : « Il est important de parvenir à conclure des accords de grande envergure, ambitieux et globaux. Mais il est aussi important d’être en mesure de démontrer au Congrès les avantages de ces accords en termes de création d’emplois, de la promotion de la croissance, du renforcement de la classe moyenne aux États-Unis. Et ce sont ces éléments qui forment la base du soutien ».
Cependant, le doute persiste sur le risque de voir le TPA saper les pourparlers marathon qui sont sur le point d’être finalisés pour former un Partenariat transpacifique entre 12 pays représentant 40% du commerce mondial. M. Reid a également tiré la sonnette d’alarme sur les négociations tenues avec l’UE sur le Partenariat du commerce et de l’investissement transatlantique. « Obama et Froman ont donc du pain sur la planche », a déclaré un haut fonctionnaire européen au Financial Times.
« Sans TPA, il serait très difficile de voir les partenaires de M. Froman s’engager dans un accord quelconque », a prévenu Arturo Sarukhan, un ancien ambassadeur du Mexique aux États-Unis. « En l’absence du TPA, il y aura sûrement des implications géopolitiques, à la fois avec l’Europe, mais aussi avec les pays d’Asie-Pacifique et de l’Amérique-Pacifique ».
Le TPP, qui inclurait le Japon, et le TTIP européen sont considérés par certains stratèges comme un moyen pour les États-Unis de répondre économiquement à la montée de la puissance chinoise. « L’ensemble de nos partenaires commerciaux comprennent notre engagement à faire avancer les négociations », assure M. Froman

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