Respecter l’intelligence du peuple

Ahmed CHARAI

Dans une démocratie, les clivages sont dans l’ordre des choses. Encore faut-il qu’ils correspondent à des divergences programmatiques et enrichissent le débat public par des propositions concrètes et des perspectives. Il faudrait aussi qu’ils n’excluent pas, par principe, des consensus autour de questions vitales. Si nous rappelons cet abécédaire, c’est que le débat actuel en est très éloigné.

Les ministres passent le plus clair de leur temps à faire de la politique politicienne en oubliant qu’ils ont en charge les affaires du pays, qu’ils doivent élaborer des politiques à même de satisfaire les attentes des électeurs. La majorité affiche ses dissensions sur des broutilles, des questions d’égo et sape donc la confiance des opérateurs économiques, mais aussi de l’ensemble des citoyens. L’opposition s’oppose, mais dans la surenchère.

Le débat sur le protocole de la cérémonie d’allégeance est abscons. Les attaques répétées du PJD contre le ministre de l’intérieur est une hérésie politique. Laensar n’est pas un ministre de souveraineté, notion que la nouvelle constitution a abolie, mais un allié du PJD et le chef d’un pilier de la majorité menée par les Islamistes.

Pire, des personnes qui ont occupé des responsabilités importantes, y compris au sein de l’administration territoriale, se trouvent une âme de révolutionnaire de la vingt-cinquième heure. Ce faisant, ils insultent l’intelligence du peuple marocain et sa mémoire collective. Cet été, plusieurs controverses polémiques ont eu lieu. Elles sont toutes creuses et dévoilent plutôt les déficiences de la classe partisane qu’autre chose. Le débat sur le protocole de la cérémonie d’allégeance est abscons.

Les attaques répétées du PJD contre le ministre de l’Intérieur est une hérésie politique. Laensar n’est pas un ministre de souveraineté, notion que la nouvelle Constitution a abolie, mais un allié du PJD et le chef d’un pilier de la majorité menée par les islamistes. Les exigences de l’étape historique sont très claires. Il faut appliquer la Constitution dans sa plénitude et mettre en place toutes les institutions prévues, régionales, de gouvernance ou celles qui permettent l’expression de la diversité politique et culturelle. Il faut le faire dans un esprit de mobilisation des citoyens, seul moyen de crédibiliser les institutions.

Sur le plan socio-économique, les défis sont énormes. L’Ecole et la Santé publique sont en panne, le chômage est reparti à la hausse; une profonde crise nous guette et les courants régressifs ne manqueront pas de l’utiliser. Le citoyen marocain a fait preuve d’une grande maturité durant toute cette étape historique. Il a adhéré aux choix démocratiques proposés. C’est aux élites politiques de se mettre au diapason, de réduire les effets de manche et de mettre sur le tapis leurs options sociétales, au lieu des épiphénomènes ou des phrases creuses.